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Luca de Meo fixe sa feuille de route pour redresser Kering
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Nommé directeur général de Kering en septembre 2025, Luca de Meo s'attaque à l'un des plus grands défis du secteur du luxe : relancer la croissance d'un groupe dont la valorisation a été divisée par trois depuis ses sommets de 2021.

L'ancien dirigeant de Renault entend appliquer une méthode qui a fait sa réputation : combiner discipline opérationnelle, culture du collectif et rapidité d'exécution.

Un objectif clair : reconstruire la dynamique de croissance

Le plan stratégique baptisé « ReconKering » s'articule autour de trois étapes :

  • Retour à la croissance de l'ensemble des marques sous 18 mois
  • Redressement de la performance financière sous 36 mois
  • Restauration du leadership du groupe à horizon cinq ans

Pour Luca de Meo, la priorité est de remettre les marques sur une trajectoire de croissance durable avant de retrouver les niveaux de rentabilité historiques du groupe.

Gucci au cœur du redressement

La marque représente environ 40 % du chiffre d'affaires de Kering et près de 60 % de son résultat opérationnel. Son ralentissement ces dernières années explique une grande partie des difficultés du groupe.

Luca de Meo vise plus de 2,1 milliards d'euros de revenus additionnels pour Gucci et souhaite renforcer le poids des produits iconiques, notamment la maroquinerie et les accessoires, segments traditionnellement les plus rentables du luxe.

Plus de synergies et de discipline industrielle

L'une des principales nouveautés de la stratégie consiste à développer davantage les synergies entre les différentes maisons du groupe.

Kering prévoit notamment :

  • Une rationalisation de son réseau de fournisseurs ;
  • La mutualisation de certaines productions entre marques ;
  • Le regroupement des achats médias ;
  • Le développement de plateformes industrielles communes, notamment dans la joaillerie.

L'objectif est d'améliorer l'efficacité opérationnelle tout en préservant l'identité propre de chaque maison.

Mieux comprendre les clients

Luca de Meo estime que l'industrie du luxe a longtemps fonctionné selon une logique d'offre, portée par une demande mondiale très dynamique. Face au ralentissement actuel du marché, il souhaite renforcer l'analyse des comportements clients et intégrer davantage les données dans les processus de décision.

Cette approche se traduit notamment par la création d'un pôle dédié à la connaissance client afin d'orienter plus efficacement le développement produit et les investissements marketing.

Une ambition forte mais un défi majeur

Le dirigeant italien s'est fixé pour objectif de doubler à moyen terme la marge opérationnelle du groupe.

Le succès du plan dépendra toutefois largement de la capacité de Gucci à retrouver rapidement son attractivité commerciale sous l'impulsion de son nouveau directeur artistique Demna.

Au-delà des gains d'efficacité, la relance de Kering reposera donc sur un équilibre délicat entre rigueur de gestion, innovation créative et désirabilité des marques.

Notre analyse

La stratégie de Luca de Meo marque une évolution importante dans la gouvernance des grands groupes de luxe. Là où l'industrie s'est historiquement concentrée sur la création et l'image de marque, Kering cherche désormais à renforcer son efficacité opérationnelle et sa compréhension du client final.

Si cette approche a largement contribué au redressement de Renault, son application dans l'univers du luxe reste à démontrer.

La réussite du plan dépendra autant de la méthode que de la capacité des marques, et particulièrement de Gucci, à renouer avec la désirabilité auprès des consommateurs.

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